Enracinement et chakra racine dysfonctionnel
Dans le monde spirituel, je peux lire assez souvent des questions par rapport au sujet de l'enracinement. J'aimerai clarifier que je ne parle pas d'un "accrochage" à la vie matérielle ou d'un "trop de terre à terre", mais du fait que, pour une vie équilibrée, un contact sain avec notre corps, un regard sur la vie dite matérielle (qui inclut la nature qui est bien fait des mêmes atomes) est nécessaire.
Plus d'une fois, j'ai lu la question pourquoi beaucoup de gens ont tellement de mal à s'enraciner et donc, je vais essayer d'expliquer mon point de vue par rapport à ce problème, me basant entre autre sur les chakras (à lire: Chakras et Archétypes de Ambika Wauters) et, plus spécialement sur le chakra racine, avec un regard sur l'histoire de notre société, mais aussi sur la couleur rouge (couleur du chakra) et son approche dans notre vie quotidienne.
Le chakra "racine" s'explique déjà avec son nom lui-même, sur lui se base le lien de notre corps subtil avec le monde dans lequel nous vivons. A ce point je choisis de vous citer une première explication de ce chakra du livre "Chakras et Archétypes":
"A travers ce centre, nous pouvons manifester notre créativité sous une forme physique. Plus nous nous ancrons, plus nous avons la possibilité de traduire nos rêves en réalité et de devenir les individus que nous aimerions être. Quand nous perdons notre lien avec la terre, nous nous coupons de la source curative de la Grande Mère, l'esprit terrestre, et nous n'avons plus de base d'ancrage. Nous nous séparons de notre capacité à prendre tendrement soin de nous-mêmes, à nous nourrir et à nous offrir les agréments physiques nécessaires au maintien d'un niveau décent d'existence."
Personnellement, cette explication montre déjà la base d'un premier conflit pour divers gens qui se disent spirituels. Régulièrement je peux lire des commentaires concernant la vie matérielle de notre monde d'aujourd'hui, et régulièrement le vœu de se défaire de ce monde matériel se montre dans ces textes, portant la croyance que le but de l'évolution humaine est de s'élever au-dessus de ce monde qui porte les souffrances - ou même le 'mal' - en lui.
Je ne peux que répéter la citation de Brad Warner (à lire: Hardcore Zen):
"Tant que tu ne reconnaîtras pas le sacré dans le cadavre d'un renard crevé sur l'autoroute, tu n'as pas besoin de chercher le sacré dans une statuette de Bouddha sur son piédestal."
Donc, tant qu'une personne est persuadée que la vie matérielle n'est pas sacrée en elle-même, tant qu'une personne porte en elle la croyance qu'il faut se défaire de cette vie matérielle, elle sera dans l'incapacité de réellement s'enraciner de manière "neutre", donc sans jugement par rapport à ce monde. Elle entrera en conflit dans (ou avec?) son chakra racine, et ne sera pas en mesure de prendre soin d'elle-même.
A cet instant ma question en devient une toute autre: Comment cette croyance a-t-elle pu naître et se développer?
Pour moi, il y a plusieurs aspects qui jouent un rôle tout au long de notre histoire. Un des premiers points qui me semble importants est notre déracinement culturel.
Bien sûr on peut reconnaître un déracinement territorial pour certains groupes de populations (p.ex. les celtes/irlandais qui fuyaient en Amérique pour se sauver des poursuites religieuses, les déportations des peuples africains pour l'esclavage, les déportations des juifs, etc.), néanmoins je me suis toujours posé la question comment cela se faisait que les gens qui n'étaient ni déportés, ni en fuite, n'avaient pas d'ancrage naturel qui aurait dû leur être propre. Comme le principe de correspondance du Kybalion l'explique, il existe une harmonie, une entente et une correspondance entre les différents plans d'existence qui se déclinent aux niveaux physique, mental et spirituel. Donc, si un déracinement peut être possible sur le plan physique, il peut aussi l'être sur le plan mental et spirituel. Ceci est très important à mes yeux, comme un certain nombre de gens dits "spirituel" vivent dans la croyance qu'il est malsain de "nourrir son mental".
J'aimerai revenir sur la possibilité d'un déracinement spirituel. Dans nos régions, notre spiritualité se basait sur une multitude d'aspects qu'on ne retrouve plus dans notre vie (spirituelle comme physique) d'aujourd'hui. Un point assez important était la croyance non en UN dieu, mais dans tout un panthéon avec des divinités différentes qui trouvaient leur équivalent en nous-mêmes. J'ose donner une certaine crédibilité à nos ancêtres en laissant ouvert la possibilité qu'ils fussent bien plus évolués que certains aimeraient croire. Peut-être le principe de correspondance du Kybalion (qu'on retrouve aussi dans les 7 principes des Kahunas sous forme de MANA: Tout pouvoir vient de l'intérieur) ne leur était pas méconnu, et ils étaient conscient que le panthéon des dieux était en analogie avec leurs archétypes intérieurs (à s'informer sur les archétypes, l'éneis, l'analyse transactionnel d'Eric Berne, ainsi que l'IFS - système de famille intérieur).
L'histoire de notre monde et "humanité" nous montre que nos ancêtres ont été brutalement tirés hors de cette possibilité de croyance. La religion monothéiste (patriarcale) ne s'installait pas doucement, laissant aux Européens natifs le temps d'évoluer dans une telle direction (si possible ou nécessaire), mais ces croyances étaient imposées sous peine de mort et donc forcées dans notre être. Le déracinement spirituel prenait donc place.
Encore aujourd'hui les conséquences sont visibles dans notre société. L'égo est vu comme quelque chose d'imparfait ou même de "mal", la possibilité d'un égoïsme sain qui se baserait sur notre chakra racine, semble une impossibilité. L'idée d'un monde dualiste reste accroché dans les croyances d'un grand nombre de spirituels, et même le symbole du Taiji (nommé dans notre 'culture' Yin-Yang) est considéré comme image de cette dualité, où le noir porte toujours un peu de blanc etc., et non compris correctement comme aspect "trois-dimensionnel" de la polarité en mouvement, nous mettant en garde que le plus on s'acharne d'aller dans une direction, le plus on arrivera dans son contraire.
Bien qu'on nous fait comprendre que Jésus nous demandait d'aimer les autres comme nous aimons nous-mêmes, rares sont ceux qui sont conscient du fait que notre amour propre est en conflit avec soi-même sur différents aspects.
Comment s'aimer soi-même si au même instant une petite voix nous dit que c'est égotiste?
Comment prendre tendrement soin de nous même si on veut se défaire en même temps de cette individualité, de la "chose" qu'on appelle Ego?
Mais ma question est: Comment savoir qui on est, si inconsciemment on a un plus grand besoin d'appartenir à un groupe qu'on défend corps et âme, parce qu'on recherche la sécurité dans une correspondance (réelle ou idéelle - à s'informer sur les plans neurologiques de Dilts) au lieu de la vivre de l'intérieur vers l'extérieur. La raison de cette façon de penser et d'agir vient entre autre parce qu'on a oublié ses racines et la quête individuelle, qui se montre encore aujourd'hui dans les mythologies des panthéons (à lire: "Le héros aux mille et un visages" de Joseph Campbell). Cette quête de notre individualité nous renoue à nos racines et à notre identité pour savoir ainsi où se trouve notre place unique dans le monde et dans la société.
Il me reste encore à parler d'un exemple (il y en a encore d'autres) qui montre jusqu'où le conflit par rapport au chakra racine ainsi que sa liaison avec notre vie physique peut se développer. Tout au début, je parlais de la couleur rouge.
Bien sûr que dans la nature, cette couleur se montre aussi comme couleur de signal, mais ce "signal" peut être aussi bien "positif" (la frégate) que "négatif" (les grenouilles venimeux). Dans notre société néanmoins, la couleur se retrouve dans les extrêmes qui se basent assez souvent sur des idéologies abstraits et qui nous sont imposées de manière à focaliser sur le soi-disant négatif. Dans les écoles on trouve plus souvent des pédagogues montrant avec le stylo rouge nos erreurs et fautes que ceux qui nous donnent la possibilité de nous focaliser sur nos progrès. Dès notre plus jeune âge, la couleur rouge est donc ancrée comme quelque chose de "mal". De même les êtres spirituels dits "élevés" sont plus souvent dessinés en couleurs bleuâtres que rouges, le rouge se retrouvant chez l'image du diable. On semble oublier que la couleur qui nous fait vivre, la couleur du sang, est bel et bien rouge, tel notre chakra qui - utilisé d'une manière naturelle - nous apporte l'ancrage, l'amour de soi, la nourriture et même la tendresse nécessaire pour développer la paix intérieure qui se portera alors vers l'extérieur.